RADIO INTERIEURE : Lumière + Om + Témoin

yann arthus bertrand coeur foretNettoyer ce qui pèse dans notre coeur par une visualisation de lumière, puis ressentir cette lumière, légère, simple, sacrée : une pratique de Raja Yoga issue de la lignée d’un de mes maîtres de méditation, à la croisée du soufisme et du yoga.

Trois « Om » partagés avec les élèves de la session enregistrée.

Et une méditation inspirée du bouddhisme zen : le témoin intérieur, qui observe sans juger, sans raconter d’histoires, sans rien faire d’autre qu’être. La vacuité comme ouverture à l’expérience du présent.


La Radio Intérieure propose, via la distribution d’enregistrements sur Soundcloud, de diffuser les différents exercices de respiration et de méditation pratiqués pendant les sessions mensuelles à Paris Yoga Shala. Si ces enregistrements vous accompagnent sur le chemin, je vous invite à participer aux efforts de la mise à disposition par une donation, du montant de votre choix et possibilités, avec mon adresse email via Paypal. Pour voir tous les enregistrements disponibles, cliquez ici.
x’om,
Debo

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YOGIC PHILO : Mon Corps, Ma Tête, et Moi

Il y a mille yogas. Non, il y a en plus : autant d’individus que de yogas.

Ma pratique personnelle s’était récemment éloignée des postures, tout en ne retrouvant pas l’ardeur de la méditation silencieuse quotidienne que je tenais pourtant depuis novembre dernier. Les raisons officielles en sont nombreuses : un livre, une rencontre, une blessure. Un voyage à la jonction entre mes activités passées et le yoga. L’occasion de réfléchir à certaines croyances communément diffusée sur le yoga occidental. Celui qui est aujourd’hui à la mode, celui que l’on pratique dans les bureaux, les clubs de sport, les théâtres, les hôpitaux, les écoles.

Iyengar en « eka pada urdhva dhanurasana »

Ce que nous appelons ici « yoga » n’est pas pratiqué – ou si peu – en Inde. Notre système postural trouve en effet ses racines ici-même, en Europe. Il a été mis en place dans les années 30 par des résistants à l’envahisseur britannique, créant des lignées de yogis ouverts sur l’Occident. Leurs sources d’inspiration : les exercices du Suédois Ling, la gymnastique holistique féminine, l’éducation physique militaire, l’anti-gymnastique, et les contortionnistes de cirque ! (cf. « Yoga Body » de Mark Singleton)

Puis ce système postural nous a été ramené, sous un autre nom, digéré et régurgité pour nourrir l’Europe spirituellement affamée par la Seconde Guerre Mondiale et le post-colonialisme : le « yoga ».

De quoi sérieusement douter mon système de croyances. Prof de yoga, c’est, finalement, comme être prof de gym ? J’avais bien mérité ce gros mal de dos de Pâques, pour m’autoriser à rester immobile, en silence ! Pour digérer la nouvelle et réfléchir à ma posture mentale vis-à-vis des postures physiques.

Une contorsionniste en « Urdhva Dhanurasana » modifié ;-)

Hier, j’ai retrouvé ma pratique quotidienne à la maison. J’ai renoué avec ma source d’énergie. Si elle n’est pas justifiée par une spiritualité orientale, quel est son nom ? La réponse est en deux parties.

Premio : le plaisir de reprendre possession de son corps. Comment penser librement si le corps nous rappelle à lui, petits bobos après grands maux ? Au fil de ces semaines, où ma seule pratique physique est venue des cours que je donne et de mes trajets quotidiens à vélo, je me suis sentie prisonnière de ce corps, et par extension, de ma tête et de mes choix de vie. Or je sais que mes décisions passées ont été justes. Pourquoi une telle tension entre moi et moi-même, dans ce cas ?

Travailler le corps par des postures intelligentes, avec le soutien du souffle, en donnant une intention à ce travail, permet de reprendre le contrôle des rênes. Cela nous reconnecte avec nos sensations corporelles, notre sixième sens, ce vigile qui nous mène à bon port en temps de brouillard. C’était le sujet du dernier Sciences et Avenir : le ventre est notre deuxième cerveau. Que penser, alors, des milliards d’autres cellules, propriétaires ou invitées, qui forment notre corps ?

::: microcosme dans macrocosme :::

D’autre part, il paraît qu’Iyengar (père) disait souvent que la spiritualité, ce n’est pas pour les gringalets. Certes, les austérités physiques extrêmes font partie des pratiques spirituelles de l’Inde. Mais au niveau où nous les pratiquons, il est difficile de les appeler « tapas ». Il ne s’agit pas non plus d’atteindre le poids idéal, de devenir plus souple, plus fort, plus musclé. Ces buts-ci sont des leurres, des limites culturellement acceptables.

Il s’agit d’explorer les frontières matérielles de cette vie, de huiler les essieux de ce merveilleux véhicule qu’est notre corps, un univers en lui-même, unique et si complexe, où nos différents niveaux de conscience trouvent leur assise.

Ici et maintenant, on appelle cette pratique « yoga ». Je n’ai pas de meilleur nom à proposer. « Yoga » signifie « intégration », « union » : intégrer le mental au physique, unir le physique au mental, et découvrir que notre identité va au-delà des limites de l’un autant que de l’autre. Tout comme je préfère dire « week-end » que congé de fin de semaine, ou « bonzaï » plutôt qu’arbre nain cultivé d’une certaine manière pour le rester.

Deuxio : ma culture est européenne, française même. Toute enrichie des pérégrinations des générations précédentes qui ont abouti à Paris, elle s’inscrit dans une attitude judéo-chrétienne, pour être précise. La spiritualité orientale a été idéalisée par ceux qui la découvraient pour la première fois. Pour eux, cette manière de voir le monde était pure, simple. Elle était surtout nouvelle, exotique. Elle nous a donc été présentée comme notre salut, à nous pauvres vieux Occidentaux qui avions tué nos dieux.

Aujourd’hui, nous avons la chance de vivre une époque où toute information est potentiellement accessible. Cela peut nous permettre d’étudier de manière comparée les croyances des différentes cultures, de nous renseigner plus en profondeur sur ce que nous savons, et ce que nous pouvons savoir. Pour mieux nous rendre compte des problèmes de lecture que nous avons rencontrés, comme toute culture humaine. De l’exigence aveugle du dogmatisme. De l’idéalisme nuageux de ceux qui trouvent l’herbe plus verte chez le voisin.

Mais aux racines des croyances, qu’elles soient proches ou lointaines, se trouve la même sagesse.

Il y a mille yogas. Il n’y a qu’un but. Le but, c’est le chemin. Alors autant maintenir notre char en bon état.

5 MINUTES A SOI : chaque chose en son temps

Polyvalence, multitasking, mais aussi éparpillement, tourbillon d’activités : comment faire pour resituer notre efficacité ? Un temps pour chaque chose – respecter celui qu’on a choisi – et chaque chose en son temps – une seule chose à la fois.

Cette pratique, un peu plus difficile à mettre en oeuvre dans l’inactivité apparente de la méditation, trouve plein sens dans les activités du quotidien : s’adonner à chaque tâche avec notre attention entière permet non seulement de la finir plus vite, avec un plus grand calme, mais aussi d’y trouver un plus grand plaisir.

Comment ça fonctionne ? En commençant par petites doses de 5 minutes, avec patience et bienveillance, on ramène notre attention à ce que l’on est en train de faire, comme on guide une plante avec des tuteurs : se donner la liberté de se disperser, tout en redirigeant son énergie vers le présent (« cadeau »).

Ici la qualité a bien plus d’importance que la quantité : 5 minutes par jour pour commencer, plutôt qu’une heure par semaine. Pour qu’être présent à soi et par extension, aux autres qui nous entourent, devienne une habitude, un modus operandi spontané et naturel.

Mon astuce personnelle : quand j’ai peur d’oublier des choses que je dois faire, je les note dans un petit calepin, pour mieux les retrouver plus tard, et vérifier qu’elles méritent vraiment mon attention maintenant.

om shanti !

YOGIC PHILOSOPHIE : Introduction

Pour l’aspect pratique, la série d’exercices simples et rapides au quotidien, « 5 Minutes à Soi« , est là. Quant à la théorie, la voici ! :-)

La vocation de cette série est de replacer le yoga, en tant que philosophie appliquée, dans notre culture occidentale, pour explorer ses propositions (à chacun ensuite de calmer son éventuelle soif à l’abreuvoir proverbial) et admettre ses limites.

En plus des inévitables commentaires sur les notions fondatrices du yoga, j’y mettrai aussi des petites perles issues de différentes sagesses et un travail critique sur les représentations véhiculées par les médias. Et de temps en temps, j’en profiterai pour partager la manière dont je vis le yoga au quotidien – les leçons que j’en tire pour (re)trouver l’équilibre moment après moment.

« La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. » C’est la définition qu’en donne l’Organisation Mondiale de la Santé. On a donc du chemin à parcourir, et c’est une bonne nouvelle : le paysage tout au long de ce voyage est non seulement magnifique, mais aussi très diversifié. ;-)

En espérant que la série sera source de réflexion pour vous autant que pour moi et, qui sait, peut-être d’inspiration.

5 MINUTES A SOI : Détendre nos Yeux

C’est l’inauguration de la série « 5 minutes à soi » ! :-)
De temps en temps, je vous propose un exercice facile et rapide à utiliser en situation d’urgence ou en prévention.

Pour permettre à nos yeux de se détendre pendant et/ou après une longue journée devant l’un des nombreux écrans qui peuplent notre vie, voici la solution miracle :

– frottez très vite vos paumes de main l’une contre l’autre pour y générer de la chaleur ;
– amenez vos paumes comme des coupes sur vos yeux, poignets sur le haut de la joue ;
– ouvrez vos yeux dans ce noir, amenez votre attention sur la détente de vos paupières, sourcils, front ;
– respirez en conscience quelques instants ;
– ôtez vos paumes tout doucement.

Om shanti !