5 MINUTES A SOI : Aimons nos Orteils

Quand on y pense, la posture debout est un grand questionnement de l’évolution : placer autant de poids, de manière aussi verticale, sur une si petite surface, relève d’un défi assez intéressant, non ?

Etape 1 : nous (enfin, nos lointains ancêtres) cessons d’utiliser le gros « pouce des pieds » en préhension. Etape 2 : nous (enfin, nos ancêtres un plus proches) enfermons nos pieds dans des chaussures de plus en plus serrées. Pour les femmes, c’est l’arrivée des escarpins et autres élégants instruments de tortures. Selon Sacha Guitry, c’est une femme qui aurait inventé les talons aiguilles : elle ne supportait plus que son amant l’embrasse sur le front …
Etape 3
: nos orteils nous en veulent. Et, à en croire les vénérables maîtres Chinois, notre tête aussi : en médecine chinoise, il est dit que les pieds sont le miroir du corps. Au niveau des orteils, on trouverait ainsi la tête et tout ce qui la constitue : crâne, dents, yeux, oreilles, nez, bouche, glandes « supérieures », cerveau, etc.

Il y a une méthode toute simple pour rétablir une relation détente à nos pieds. Ca se pratique à tout moment, assis ou debout, sans chaussures de préférence.

– Fermez les yeux, amenez votre attention sur la zone de contact entre vos pieds et le sol.
– A l’inspiration, soulevez les orteils et ancrez les quatre points des pieds dans le sol, en approfondissant l’arche naturelle de la plante.
– A l’expir, reposez les orteils délicatement, tout en conservant l’arche et l’ancrage.
– Recommencez autant de fois que vous le souhaitez.

Il est possible, ensuite, que l’idée de vous rechausser soit source de souffrance… C’est à ce moment-là où on a une pensée admirative pour ceux qui osent allier chaussettes et sandales orthopédiques en toutes circonstances, n’est-ce pas ?

Om shanti,
Déborah

YOGIC PHILO : de la Vibration

On a tous commencé par là, je crois, à nos premiers cours de yoga. L’appréhension du peace & love rétrograde, le moment où on a l’impression de basculer du côté obscur, le refus de cet appel au kitsch… Vous l’avez peut-être reconnu… J’ai nommé … le « ohm« .

C’est parfois intéressant de toucher du bout des orteils le lâcher-prise total, d’assumer d’être là pour soi, pour se faire du bien, pour tester ses limites, qu’elles soient imposées (souvent) ou réelles (parfois). Pratiquer le yoga, c’est choisir un endroit, un moment, pour s’autoriser à être, tout simplement, dans l’ici et le maintenant. Et cet endroit, délimité par le tapis, trouve son équivalent avec l’entrée et la sortie du cours, délimité dans le temps, par ce fameux « ohm ».

L’Omkara, car tel est son nom, est, au niveau basique, la syllabe la plus primaire que nous soyons capables d’exprimer : vibration des cordes vocables, bouche ouverte ou fermée. C’est le principe que j’aborde dans l’article sur le chant au quotidien. Mais il propose tellement plus qu’un simple échauffement de voix. Symbolique, alignement, énergie… Au plus profond, il est au son ce que la lumière blanche est à la couleur.

Donc je vous souhaite « om shanti » ou, traduit en Star Wars vs Blues Brothers, « que la Force soit avec vous, moi, eux, tout le monde ».

5 MINUTES A SOI : Chantez

Oubliez les traumatismes des cours de musique scolaires, oubliez les « tais-toi tu chantes faux il va pleuvoir ». Laissez tout jugement de valeur de côté, pour cette petite pratique libératoire. Chantez.

En plus d’échauffer la voix, cette technique toute simple permet de sentir les vibrations du son dans le corps – avec la détente que cela peut entraîner.

– Détendez votre visage avec quelques grandes respirations profondes, lentes, dans tout l’espace de la cage thoracique ;
– détendez en particulier votre langue, votre bouche, vos sourcils, votre front.
– Prenez une grande inspiration, et à l’expiration, faites le son mmmmmmm (bouche fermée). Si vous en avez la possibilité, vous pouvez ouvrir la bouche tout en détente pour changer le mmmmm en aaaaaah.
– Allez jusqu’au bout de l’expiration, jusqu’à ce que le son ne soit plus possible ;
– puis prenez une grande inspiration, très profonde, gonflez les poumons au maximum, et recommencez.
– Jouez avec des sons plus aigus ou plus graves, pour sentir le voyage de la vibration selon la tonalité. En général, aigu = haut (gorge, visage), grave = bas (poitrine, ventre) : c’est tout à fait littéral.

A pratiquer sans modération, en adaptant le niveau sonore : sous la douche, dans le métro entre deux stations, dans la rue (nan, vraiment – vraiment ! – personne ne vous écoute), bref, quand vous avez un moment plus ou moins « seul », pour le plaisir ou, au besoin, avant/après une situation stressante.

Et si vous vous demandiez pourquoi on chante ce fameux « aum » en début et fin de cours de yoga, voici un début de réponse. ;-)

5 MINUTES A SOI : Stress, Ventre et Mâchoires

Certes, le lien utilitaire est évident : mâchoires et ventre se retrouvent pour l’alimentation. Mais leur relation va plus loin, et rejoint notre fameuse théorie de l’holisme. La tension des unes influe sur la tension de l’autre – et c’est vrai pour la détente aussi !

La preuve par l’expérience :
– Contractez très fort vos mâchoires, serrez les dents. Voyez ce qui se passe au niveau des abdominaux. Relâchez.
– Amenez une main sur le ventre, juste en dessous du nombril.
– Amenez l’autre main sur le menton.
– En utilisant le poids de la main, détendez complètement le bas du visage, laissez la mâchoire inférieure devenir plus lourde, s’éloigner de la mâchoire supérieure, permettez à la bouche de s’entrouvrir. Observez ce qui se passe pour les abdos.
– Amenez votre concentration sur la main du ventre, pour détendre un peu plus : augmentez le mouvement naturel de la respiration ventrale en utilisant la main comme témoin.
– Prenez quelques grandes respirations, avec la conscience des mouvements du ventre (et de la main dessus) et la conscience des mâchoires qui se relâchent un peu plus à chaque expiration.

Si vous êtes prônes aux maux de ventre liés au stress, cet exercice est un excellent pansement et une encore meilleure prévention : plus vous pratiquez, plus vous prenez conscience du mécanisme avant que la douleur ne s’installe.

Om shanti,
Déborah

YOGIC PHILOSOPHIE : le Tout et ses Parties

Le yoga est une discipline dite « holistique« , c’est-à-dire qu’elle considère l’être humain dans sa totalité. On retrouve ce concept dans la théorie moderne de la Gestalt, selon lequel le tout est plus que la somme de ses parties. C’est aussi ce principe qui donne son intensité au pointillisme.

Ainsi, contrairement aux visions utilitaristes de l’être humain, nous ne sommes pas uniquement doués d’intelligence (tête ou esprit), nous avons aussi une sensibilité créatrice (coeur ou âme) et un corps matériel relié à l’instinct (ventre). Si l’une de ces parties n’est pas respectée, les autres en souffrent aussi.

Nous sommes nous-mêmes parties d’un tout imbriqué dans un plus grand tout (famille, société, nation, planète, univers), qui nous influence et que nous influençons. Le même principe d’équilibre s’applique en théorie aussi ici.

Oui oui, c’est ici que le battement d’aile du papillon intervient, ce qui en sanskrit se dirait « karma« , ou loi de cause à effet – rien de plus. ;-)

Théorisé par écrit vers le IIe millénaire avant J.-C., le yoga comme système philosophique est fondé sur cette notion de microcosme – que l’on ne retrouve d’ailleurs pas qu’en Inde à l’époque, mais aussi, plus près de notre culture, en Grèce et en Egypte. L’être humain y est considéré tel un univers, emboîté dans un univers plus grand, une mise en abîme sans fin aussi bien vers le haut que vers le bas.

Là où ça devient intéressant, c’est que ce postulat des sagesses antiques, les grandes avancées scientifiques le prouvent aujourd’hui en plongeant dans l’infiniment petit et l’infiniment grand.