RADIO INTERIEURE : Se préparer à méditer

Quelques instants guidés pour être prêt.e et disposé.e à méditer :


La Radio Intérieure propose, via la distribution d’enregistrements sur Soundcloud, de diffuser les différents exercices de respiration et de méditation pratiqués pendant les sessions mensuelles à Paris Yoga Shala. Si ces enregistrements vous accompagnent sur le chemin, je vous invite à participer aux efforts de la mise à disposition par une donation, du montant de votre choix et possibilités, avec mon adresse email via Paypal. Pour voir tous les enregistrements disponibles, cliquez ici.
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5 MINUTES A SOI : Trouver sa Respiration

On apprend un paquet de choses utiles à l’école, sur toutes sortes de plans. Mais (à mon humble avis) il manque à notre apprentissage quelques basiques – pourtant vitaux. En haut de la liste, je place : respirer.

Cet exercice tout simple et très efficace a pour but de réveiller la cage thoracique, afin d’ouvrir avec conscience l’espace dédié au souffle, et permet de calmer les nerfs, en recentrant l’attention :
Croisez les bras et attrapez vos aisselles, doigts vers les clavicules, pouces devant la poitrine. Et respirez dans vos mains. Vous pouvez augmenter la pression entre les mains, pour travailler en résistance.
Après quelques minutes, changez le croisement des mains.

La respiration est le seul mécanisme du corps qui peut à la fois être inconscient et conscient – on n’a pas besoin de réfléchir pour respirer, mais quand on y pense, on peut influencer le rythme, l’amplitude, la profondeur. Notre manière de respirer a un impact sur l’état général du corps, tant du point de vue physiologique (équilibre acido-basique, digestion) que psychique (accueil des émotions, relation intérieur-extérieur).

Au quotidien, une respiration optimale permet au corps d’accéder à ses ressources régénérantes, et peut donc accélérer un processus de guérison, quelque soit le plan sur lequel on cherche à (re)trouver l’équilibre. Bah y’a plus qu’à !

YOGIC PHILO : Rareté et Abondance

Une petite perle de sagesse « nourriture de réflexion », comme disent les Anglo-Saxons (« food for thought »), issue du Santé Intégrative de janvier-février 2013 (1) :

« Le « triangle » basique de tous les cours d’économie est construit à partir de la nourriture et de sa rareté. Au sommet du triangle, il y a « la rareté de la nourriture », et à la base : « production-quantification ». Mais si on bâtit un modèle à partir de la respiration, tout aussi nécessaire que la nourriture, tout change: au sommet du triangle, on a l’abondance de l’air atmosphérique. La production, elle, devient une transformation de cet air que nous offre l’univers. Quant à la quantification de l’air respiré, elle ne compte pas, ce qui compte, c’est la qualité de l’air. Et voilà que nous retrouvons les traditions de sagesse, qui ont toujours dit que l’essentiel, c’était d’apprendre, qualitativement, à respirer. »

canstruction minionsIl y a quelques années, une de mes professeurs nous a avisés que l’air que nous respirons, est le même que l’air que les « autres » respirent, qu’ils soient humains ou non. Annick de Souzenelle dit de même pour l’eau.

Encore une preuve que nous ne sommes pas « sur » la planète, mais « dans » la planète. Ou, comme le dit Patrick Villeret un peu plus loin dans l’article, nous ne somme pas « dans » la nature, nous sommes « de » la nature.

(1) n° 31 : interview de Patrick Viveret par Marielle Issartel – pp 10-14 – http://www.santeintegrative.com

YOGIC PHILO : l’Ecorce des Choses et les Portes de la Perception

Les magazines féminins et autres romans « légers » me dépriment (pas vous ??)… Je fournis donc toujours un (petit) effort pour décider de mes lectures de vacances. Celles dont je reviens ont été accompagnées par Claude Levi-Strauss (merci Miguel, recommandation parfaite !), et par la grande Annick de Souzenelle, dont est tiré le passage ci-dessous (1). J’y ai trouvé une magnifique description de ce que je cherche à apporter par l’enseignement :

« La nature nous invite à communier avec elle par la voie sensorielle. C’est une expérience étonnante que la reconstruction de l’équilibre d’un être, invité à des moments privilégiés de sa journée à vivre l’instant, et à le vivre plaqué au sensoriel – à la respiration, à la marche, à l’écoute d’une musique, à la saveur d’un fruit, etc. […] Combien la sensation vécue dans l’instant [peut] nous relier par une voie peut-être encore ignorée, mais cependant réelle, à JE SUIS de l’être !
Entre l’objet expérimenté et l’Homme viennent se glisser toutes les émotions dont s’empare le mental, et c’est lui, ce mental qui vagabonde et nous égare aussitôt loin de cette part sacrée de nous-mêmes. Si nous revenons à la sensation pure, qui nous met en contact avec l’écorce des choses, nous faisons alors l’expérience d’être parfois portés à sentir vibrer ou scintiller leur pulpe. Une conscience éveillée touche au plus profond de leur chair. Mais cette chair des choses soudain partagée est aussi capable d’éveiller notre propre chair, [qui] est notre conscience d’être. Bouleversant dialogue que celui de l’intérieur et de l’extérieur se recevant l’un l’autre et nous apprenant à aimer ! »

L’intérieur et l’extérieur s’articulent autour de ce que la tradition du yoga appelle les « portes de la perception » (dites bonjour à Aldous!) ou, en sanskrit, indriyas. On y retrouve nos cinq sens traditionnels – oeil/vue, oreille/ouïe, langue/goût, nez/odorat, nerfs/toucher – ainsi que le sixième sens, c’est-à-dire l’intellect en tant que fonction rendant l’environnement intelligible.

chene feuilles printemps

Du nouveau-né à l’enfant, de l’ado à l’adulte, de mûr à avancé : nous avons un corps, mais nous ne sommes pas ce corps. Alors au lieu d’essayer de le formater selon le moule culturel, on peut faire le choix de marcher en paix avec lui, de lui permettre de s’épanouir dans son rôle : celui de nous dévoiler, par ces (ses) six portes, la remontée labyrinthique vers notre centre.

La bonne nouvelle, c’est que les couleurs de la vie deviennent plus belles chemin faisant. Voici une offre qu’on ne peut pas refuser, comme dirait Don Corleone. N’est-ce pas ?

PS : Petit éclaircissement : ce que Souzenelle appelle le « JE SUIS de l’être » fait écho à ce(le/lui) que notre tradition judéo-chrétienne définit comme « Je suis celui qui suis ». On retrouve cette même idée dans l’Atman des hindous, « étincelle » du Brahman en l’humain ayant atteint à l’être. Il/elle est ce que Jung a nommé le « Soi » : notre essence immuable, ce qui constitue notre identité profonde.

PPS : Défi du printemps 2013 : définir l’intérieur et l’extérieur ! Microcosmes et macrocosmes en miroir, tout comme nous ne sommes pas « sur » Terre, nous sommes « dans » la Terre, l’extérieur ne commence pas à la peau… Plus on pénètre au-dedans, plus la dualité intérieur/extérieur devient floue. Si on ne s’est pas trop perdu en route, au plus profond de cet au-dehors, l’Autre se dévoile de l’intérieur.

(1) Ref : De Souzenelle, Annick, Le féminin de l’être, pour en finir avec la côte d’Adam, Albin Michel, [1997] 2000 : p.20-21

5 MINUTES A SOI : la Salutation au Soleil

A la demande d’élèves, voici une version simple de la salutation au soleil. Un peu plus que 5 minutes, mais pas plus de 15, c’est le temps que je vous recommande d’y consacrer régulièrement. L’idéal est de pratiquer de manière suffisamment assidue pour développer une mémoire « cellulaire » des mouvements du corps, permettant d’atteindre un état méditatif dans l’activité extérieure – que la fluidité se découvre d’elle-même.

Une citation qui est pour moi source d’inspiration et m’encourage à conserver une discipline dans la pratique : « Il est admirable que personne ne puisse te chercher, si ce n’est celui qui t’aura d’abord trouvé. Tu veux donc être trouvé pour être cherché, cherché pour être trouvé. En vérité, tu peux être cherché et trouvé, mais non prévenu. » Bernard de Clairvaux (XIe s.) Plus près de nous, on retrouve la même idée chez Soulages – ou Klee, la paternité de la phrase n’est pas tout à fait claire : « C’est ce que je trouve qui m’apprend ce que je cherche. »

Om shanti ! suryanamaskar deboyoga

La pratique du yoga nécessite l’accompagnement en confiance d’un enseignant qualifié, qui vous ajustera dans les postures afin d’éviter toute blessure.