5 MINUTES A SOI : Trouver sa Respiration

On apprend un paquet de choses utiles à l’école, sur toutes sortes de plans. Mais (à mon humble avis) il manque à notre apprentissage quelques basiques – pourtant vitaux. En haut de la liste, je place : respirer.

Cet exercice tout simple et très efficace a pour but de réveiller la cage thoracique, afin d’ouvrir avec conscience l’espace dédié au souffle, et permet de calmer les nerfs, en recentrant l’attention :
Croisez les bras et attrapez vos aisselles, doigts vers les clavicules, pouces devant la poitrine. Et respirez dans vos mains. Vous pouvez augmenter la pression entre les mains, pour travailler en résistance.
Après quelques minutes, changez le croisement des mains.

La respiration est le seul mécanisme du corps qui peut à la fois être inconscient et conscient – on n’a pas besoin de réfléchir pour respirer, mais quand on y pense, on peut influencer le rythme, l’amplitude, la profondeur. Notre manière de respirer a un impact sur l’état général du corps, tant du point de vue physiologique (équilibre acido-basique, digestion) que psychique (accueil des émotions, relation intérieur-extérieur).

Au quotidien, une respiration optimale permet au corps d’accéder à ses ressources régénérantes, et peut donc accélérer un processus de guérison, quelque soit le plan sur lequel on cherche à (re)trouver l’équilibre. Bah y’a plus qu’à !

YOGIC PHILO : Qu’est-ce que le Stress ?

Publiée dans le Sciences et Avenir #787 de septembre 2012 (p65), cette définition du stress explique son fonctionnement :

« Décrit pour la première fois dans les années 40, [le stress] est une réponse de l’organisme à une situation nouvelle qui se manifeste par la sécrétion, dans les glandes surrénales, d’hormones (adrénaline et noradrénaline) qui mettent le corps en alerte. Il se décompose en trois temps. D’abord une phase d’alerte (de quelques minutes à une heure) : les hormones libérées dans le sang augmentent la quantité d’oxygène et de glucose et facilitent ainsi l’irrigation des organes. Au-delà d’une heure, survient la phase de résistance, qui peut durer plusieurs jours et durant laquelle la pression artérielle augmente. Puis vient la phase d’épuisement, caractérisée par des pathologies cardio-vasculaires liées à une surstimulation de l’organisme. »

Que vient faire le yoga ici ?

Les exercices posturaux et de respiration stimulent le système nerveux parasympathique, qui fonctionne (plus ou moins) à l’opposé du système orthosympathique responsable des mécanismes liés à l’action : défense, réflexe de fuite ou de lutte. Les exercices de yoga permettent ainsi, dans un premier temps, de contrer les effets du stress, en rééquilibrant la réponse de l’organisme. Puis, avec la pratique, on évite que ce mécanisme ne n’installe au-delà de la première phase, qui reste tout de même nécessaire. La peur n’est jamais mauvaise en soi, elle est reliée à notre instinct de survie.

meditation hall de garePar contre notre manière d’accueillir la peur, comme d’autres émotions que, pour une raison ou une autre, nous jugeons « négatives », peut provoquer des blocages métaboliques dangeureux pour notre santé, physique comme mentale. Apprendre à reconnaître les variations émotionnelles ou psychologiques, pour les apprivoiser, est une des étapes les plus importantes vers cet état d’esprit spacieux et intégré qui se nomme yoga : « yoga chitta vritti nirodha » (Patanjali : Sutra 1.2)

« Observer la danse du souffle,
moment après moment,
pour accueillir ce qui est
dans l’ici et maintenant. »

5 MINUTES A SOI : chaque chose en son temps

Polyvalence, multitasking, mais aussi éparpillement, tourbillon d’activités : comment faire pour resituer notre efficacité ? Un temps pour chaque chose – respecter celui qu’on a choisi – et chaque chose en son temps – une seule chose à la fois.

Cette pratique, un peu plus difficile à mettre en oeuvre dans l’inactivité apparente de la méditation, trouve plein sens dans les activités du quotidien : s’adonner à chaque tâche avec notre attention entière permet non seulement de la finir plus vite, avec un plus grand calme, mais aussi d’y trouver un plus grand plaisir.

Comment ça fonctionne ? En commençant par petites doses de 5 minutes, avec patience et bienveillance, on ramène notre attention à ce que l’on est en train de faire, comme on guide une plante avec des tuteurs : se donner la liberté de se disperser, tout en redirigeant son énergie vers le présent (« cadeau »).

Ici la qualité a bien plus d’importance que la quantité : 5 minutes par jour pour commencer, plutôt qu’une heure par semaine. Pour qu’être présent à soi et par extension, aux autres qui nous entourent, devienne une habitude, un modus operandi spontané et naturel.

Mon astuce personnelle : quand j’ai peur d’oublier des choses que je dois faire, je les note dans un petit calepin, pour mieux les retrouver plus tard, et vérifier qu’elles méritent vraiment mon attention maintenant.

om shanti !

5 MINUTES A SOI : Stress, Ventre et Mâchoires

Certes, le lien utilitaire est évident : mâchoires et ventre se retrouvent pour l’alimentation. Mais leur relation va plus loin, et rejoint notre fameuse théorie de l’holisme. La tension des unes influe sur la tension de l’autre – et c’est vrai pour la détente aussi !

La preuve par l’expérience :
– Contractez très fort vos mâchoires, serrez les dents. Voyez ce qui se passe au niveau des abdominaux. Relâchez.
– Amenez une main sur le ventre, juste en dessous du nombril.
– Amenez l’autre main sur le menton.
– En utilisant le poids de la main, détendez complètement le bas du visage, laissez la mâchoire inférieure devenir plus lourde, s’éloigner de la mâchoire supérieure, permettez à la bouche de s’entrouvrir. Observez ce qui se passe pour les abdos.
– Amenez votre concentration sur la main du ventre, pour détendre un peu plus : augmentez le mouvement naturel de la respiration ventrale en utilisant la main comme témoin.
– Prenez quelques grandes respirations, avec la conscience des mouvements du ventre (et de la main dessus) et la conscience des mâchoires qui se relâchent un peu plus à chaque expiration.

Si vous êtes prônes aux maux de ventre liés au stress, cet exercice est un excellent pansement et une encore meilleure prévention : plus vous pratiquez, plus vous prenez conscience du mécanisme avant que la douleur ne s’installe.

Om shanti,
Déborah