Yogis du Dimanche

12 ans. C’est le temps qu’il faut pour passer de l’enfant illettré à un jeune adulte capable de s’aiguiller dans la société.

12 ans, soit 144 mois, ou 4’400 jours. Ou encore, 149 cycles de lune. 72 saisons bengalies. জয়গুরু।

12 ans. L’annonce est tombée hier. C’est le temps qu’il nous faudra pour prétendre maîtriser les différents chapitres de notre sadhana.

12 ans devant nous, à la découverte de soi – de ce qui nous précède et nous succède, de ce qui nous constitue, matière et profondeur, de toutes les trinités, mais aussi de ce qui s’organise par quatre, cinq, six, et autres classements mathématiques.

12 ans, c’est le temps qu’il faut pour devenir humain. Incarner entièrement, parfaitement, éternellement, l’image du divin. Voilà notre ambition.

Et de temps en temps, on jouera aussi, quand même, aux yogis du dimanche.

PETIT SAGE: les Courts-Circuits de la Spiritualité

Je pensais que ce blog entrerait en hibernation… Mais je ne résiste pas à la tentation de partager cet article (en anglais) : 10 comportements faussement spirituels

Dans les années 80, un psychothérapeute américain converti au bouddhisme a inventé l’expression « court-circuit spirituel »(« spiritual bypassing »). Elle désigne les voiles et les mensonges à soi-même vis-à-vis de certains aspects de la vie qui sont vus comme désagréables ou indésirables. A chacun d’entre nous donc de dépasser la vision bisounours du cheminement spirituel sur lequel on s’engage pour se divertir ou (se) fuir. 

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 De l’aveuglement dans l’obscurité à l’aveuglement dans la lumière, les borgnes savent dire la différence. Mais seuls ceux qui vivent peuvent se réveiller les deux yeux grands ouverts. Si le désir est là, y’a plus qu’à. 

ACTU / PETIT SAGE : les dés se jettent au rond-point.

La chiromancie vous dira que vous tenez votre vie dans le creu de votre main. Dans la ligne de vie dessinée dans ma paume, se trouve paraît-il la marque d’un choix radical. Le savoir est une chose. L’accepter en est une autre. Après avoir longtemps reculé devant l’obstacle et fait des tours de piste, je suis maintenant prête à m’engager totalement dans ce nouveau chapitre.

Je ne suis pour le moment pas en mesure de dispenser de cours de yoga. Le faire en personne sous nos latitudes relèverait de l’impossible; la bilocation n’est toujours pas d’actualité pour ce corps. Sur Skype, le réseau au Bangladesh est malheureusement trop instable pour assurer la qualité de présence qui nous importe.

Je vous remercie du fond du coeur de m’avoir suivie ces dernières années, par les cours, par le blog, ou autrement encore.

Je reste joignable, et espère d’ici quelques temps être en mesure d’accueillir les plus téméraires qui souhaiteraient passer du temps dans notre ashram. Lors de mes passages en France, dès cet été, je ne manquerai également pas de vous proposer des rendez-vous.

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Ce blog entre en hibernation le temps que matière suffisante soit trouvée pour le nourrir. Et d’ici à nos prochains échanges, je vous souhaite toujours plus d’espace intérieur.

x’om,
Débo

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PETIT SAGE : au Départ ou à l’Arrivée

Il est de ces voyages où l’on se sait partir plus chargée qu’on ne reviendra. Matériellement, c’est sûr – une valise (et des brouettes) de présents. Mais aussi, métaphoriquement : de certitudes cachées qu’il faudra accepter de briser lorsqu’elles se laisseront voir ; de questions qu’il faudra accepter d’abandonner sans réponse, lorsqu’elles reviendront se poser.

On dit que seul le changement est permanent. Qu’il n’y a de vérité que dans le doute. Que la lumière se fait visible dans l’ombre. Et qu’il faut donner pour recevoir.

Pour 2017, je nous souhaite toujours plus d’espace en nous, pour que la lumière passe. Qu’elle illumine les coeurs autour de nous, qu’à leur tour ils s’y réchauffent lorsqu’il fera froid, s’y éclairent lorsqu’il fera sombre, et y jouissent lorsque le jeu d’équilibriste s’évanouira.

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ACTU : Le Maintenant du Pourquoi et du Comment

Il est rare que je parle de moi, ou des choses qui me froissent. Parce qu’il n’y a pas grand chose à raconter, dans le premier cas ; et qu’il y en a peu, dans le second. Pourtant, depuis quelques temps, et plus intensément encore depuis ce retour de voyage, je me sens forcée de répondre à des questions auxquelles je pensais échapper, et de prendre des décisions devant lesquelles je reculais.

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Je ne me reconnais pas dans la manière dont le yoga est présenté aujourd’hui chez « nous ». Je vomis le discours miracle, je déteste l’appropriation sportive, je refuse le besoin de reconnaissance sociale dont témoignent nombres de mes confrères, et j’abhorre l’injonction médiatique au bonheur et son pan commercial. Le yoga n’est pas une gracieuse image de contorsion assaisonnée d’un lieu commun ; il dépasse de loin une licence exotique à entraîner son corps ; il ne se limite pas à une satisfaction temporaire due à une poussée d’adrénaline ou d’endorphine. Il se situe à l’opposé de l’ego boost. Nous disons avoir aboli la colonisation. Pourquoi continuons-nous à apporter cette touche gentillette d’excitation à notre vieille cuisine en allant encore et toujours voler les épices d’ailleurs ? Pourquoi ne pas, enfin, changer de recette ?

Pour moi, le yoga est un engagement envers soi-même de faire du tri, de créer de l’espace, dans nos croyances, dans nos actes quotidiens, dans nos relations. Il appelle à un long, patient, et courageux dépouillement. Il implique de développer une connaissance de plus en plus subtile de soi, jusqu’aux mouvements les plus indicibles. Il nécessite un désapprentissage. Il nous entraîne dans un retour vers cette « étincelle » qui nous a été portée depuis l’origine des temps, qui fait battre chaque coeur, qui lie notre matière, aussi raffinée soit-elle, à la totalité du créé – et nous invite à nous y installer durablement.

Seul cela mérite le nom de yoga.  Et seuls les jeux de miroir d’une relation personnelle approfondie peuvent y guider.

Sat : vérité
Chit : conscience
Ananda : joie
Prem : amour

Je pourrais philosopher sur ces concepts des heures (ou des pages) durant.

Nama, rupa : un nom, une forme ?
Neti, neti
: ni ceci, ni cela.

A vous de découvrir ce que cela signifie pour vous. A vous de décider si c’est cela que vous désirez.

Je choisis donc d’aller vers une confidentialité croissante. Dans un premier temps, cela va signifier l’arrêt définitif des ateliers mensuels publics. Ceux planifiés en juin et juillet sont de facto annulés. Dans un second temps, il s’agira de rester uniquement à la disposition de ceux qui viennent avec sincérité et trouvent le courage de demander. Quelle que soit la structure que cette demande prend. Vous savez où me trouver. Et non, ce n’est pas tout public. Arrêtons de confondre équité et égalité. Un lieu commun : « il faut de tout pour faire un monde ». Je ne souhaite plus participer à celui du divertissement.

x’om,
Débo