©Olivier Remualdo

RADIO INTERIEURE : Une Chanson Baul

« Connais-toi toi-même, et développe en toi l’amour inconditionnel », Lalon a dit.

Cette chanson parle du Tout-Puissant, à partir duquel nous sommes construits, de l’énergie. Donc c’est Sa volonté, quoi que l’on fasse, où que l’on aille. Je ne peux rien contrôler. Il n’y a pas de « je ». Le nom de ce Baul, était Haba Pagla. Il vécut sous / dans un banyan pendant 12 ans. C’est un grand Sâdhu soufi. Voici sa chanson.

©Olivier Remualdo
©Olivier Remualdo

Enregistré le 25 janvier 2016 à Dhaka, Bangladesh. Merci Kabir, merci Shuvro, merci Pagla Bablu, et surtout, mille mercis Farooki pour les présentations.

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PETIT SAGE et le Marquage Symbolique

Pujatisée. (fils de laine)
Pongalisée. (henné)
Baguée. (métal de brocante)

(c) Olivier Remualdo

Signes et symboles.

(c) Olivier Remualdo

Chacun.e y lira ce qu’il.elle voudra.

YOGIC PHILO : l’Ecorce des Choses et les Portes de la Perception

Les magazines féminins et autres romans « légers » me dépriment (pas vous ??)… Je fournis donc toujours un (petit) effort pour décider de mes lectures de vacances. Celles dont je reviens ont été accompagnées par Claude Levi-Strauss (merci Miguel, recommandation parfaite !), et par la grande Annick de Souzenelle, dont est tiré le passage ci-dessous (1). J’y ai trouvé une magnifique description de ce que je cherche à apporter par l’enseignement :

« La nature nous invite à communier avec elle par la voie sensorielle. C’est une expérience étonnante que la reconstruction de l’équilibre d’un être, invité à des moments privilégiés de sa journée à vivre l’instant, et à le vivre plaqué au sensoriel – à la respiration, à la marche, à l’écoute d’une musique, à la saveur d’un fruit, etc. […] Combien la sensation vécue dans l’instant [peut] nous relier par une voie peut-être encore ignorée, mais cependant réelle, à JE SUIS de l’être !
Entre l’objet expérimenté et l’Homme viennent se glisser toutes les émotions dont s’empare le mental, et c’est lui, ce mental qui vagabonde et nous égare aussitôt loin de cette part sacrée de nous-mêmes. Si nous revenons à la sensation pure, qui nous met en contact avec l’écorce des choses, nous faisons alors l’expérience d’être parfois portés à sentir vibrer ou scintiller leur pulpe. Une conscience éveillée touche au plus profond de leur chair. Mais cette chair des choses soudain partagée est aussi capable d’éveiller notre propre chair, [qui] est notre conscience d’être. Bouleversant dialogue que celui de l’intérieur et de l’extérieur se recevant l’un l’autre et nous apprenant à aimer ! »

L’intérieur et l’extérieur s’articulent autour de ce que la tradition du yoga appelle les « portes de la perception » (dites bonjour à Aldous!) ou, en sanskrit, indriyas. On y retrouve nos cinq sens traditionnels – oeil/vue, oreille/ouïe, langue/goût, nez/odorat, nerfs/toucher – ainsi que le sixième sens, c’est-à-dire l’intellect en tant que fonction rendant l’environnement intelligible.

chene feuilles printemps

Du nouveau-né à l’enfant, de l’ado à l’adulte, de mûr à avancé : nous avons un corps, mais nous ne sommes pas ce corps. Alors au lieu d’essayer de le formater selon le moule culturel, on peut faire le choix de marcher en paix avec lui, de lui permettre de s’épanouir dans son rôle : celui de nous dévoiler, par ces (ses) six portes, la remontée labyrinthique vers notre centre.

La bonne nouvelle, c’est que les couleurs de la vie deviennent plus belles chemin faisant. Voici une offre qu’on ne peut pas refuser, comme dirait Don Corleone. N’est-ce pas ?

PS : Petit éclaircissement : ce que Souzenelle appelle le « JE SUIS de l’être » fait écho à ce(le/lui) que notre tradition judéo-chrétienne définit comme « Je suis celui qui suis ». On retrouve cette même idée dans l’Atman des hindous, « étincelle » du Brahman en l’humain ayant atteint à l’être. Il/elle est ce que Jung a nommé le « Soi » : notre essence immuable, ce qui constitue notre identité profonde.

PPS : Défi du printemps 2013 : définir l’intérieur et l’extérieur ! Microcosmes et macrocosmes en miroir, tout comme nous ne sommes pas « sur » Terre, nous sommes « dans » la Terre, l’extérieur ne commence pas à la peau… Plus on pénètre au-dedans, plus la dualité intérieur/extérieur devient floue. Si on ne s’est pas trop perdu en route, au plus profond de cet au-dehors, l’Autre se dévoile de l’intérieur.

(1) Ref : De Souzenelle, Annick, Le féminin de l’être, pour en finir avec la côte d’Adam, Albin Michel, [1997] 2000 : p.20-21

YOGIC PHILO : le Coeur, la Vie, la Conscience et le Remerciement

« N’oublions pas que ce qui distribue la vie en nous, c’est le coeur; que ce qui vibre et s’accélère quand nous sommes émus ou que nous aimons, c’est le coeur ; que ce qui fait que nous avons chaud chaque fois que nous vivons quelque chose d’intense, c’est le coeur. Lorsqu’il se serre parce que nous avons peur, il bloque la vie en nous. Lorsqu’il s’ouvre parce que nous sommes heureux et en confiance, il propulse la vie en nous. Or le coeur est le siège de la conscience dans la plupart des Traditions. Ouvrir sa conscience, c’est accueillir la vie. Le faire pour soi, c’est le faire pour l’humanité. Un vaste chantier dont il ne faut jamais douter »

J’ai eu envie de partager cette citation que je trouve très belle, et très juste, tirée du livre de Michel Odoul, « Un corps pour me soigner, une âme pour me guérir« . Elle m’encourage au quotidien à maintenir la tradition du remerciement de fin de séance : merci d’avoir fait l’effort et pris le temps de cultiver l’harmonie en soi, pour soi-même et pour tous ceux (et tout ce) qui nous entoure(nt).