YOGIC PHILO : Rien à Déclarer

Admets quelque chose.
Toutes les personnes que tu vois, tu leur dis
« aime-moi ».

Bien sûr que tu ne le dis pas tout haut :
Tu risquerais l’enfermement.

Pourtant, penses-y,
Comme la connexion t’aimante.

Alors pourquoi ne pas devenir la personne
Qui vit avec une pleine lune dans chaque œil
Qui dit toujours,

Dans les mots doux
de la lune,

Ce que les autres yeux du monde
Meurent
D’entendre ? »

― Hafez (poète mystique persan du XIVe s.)

Je pratique et j’enseigne le yoga parce qu’au-delà des écorces et des hoquets de la vie, il y a dans tous les êtres ce regard de lune.

lune illusion optique

Dans tous les êtres, une possibilité d’amour, de compassion, née de cet espace en soi où il est dit que l’univers entier réside. Là où le souffle est né, là où le souffle renaît, à chaque respiration. C’est un lieu infini, éternel, de paix, de joie, de présence. Et lorsque vous retrouvez, lorsque vous reprenez le chemin vers cet espace en vous, et que je me trouve dans cet espace en moi, alors il n’y a plus de séparation. Nous sommes un.

Voilà… Ca, c’est dit. ;-)

N.B. : le poème est ma traduction libre d’une traduction libre en anglais de ce poème. Il fait partie du « Focus of the Month » d’octobre 2013 de l’école de yoga Jivamukti.

YOGIC PHILOSOPHIE : le Tout et ses Parties

Le yoga est une discipline dite « holistique« , c’est-à-dire qu’elle considère l’être humain dans sa totalité. On retrouve ce concept dans la théorie moderne de la Gestalt, selon lequel le tout est plus que la somme de ses parties. C’est aussi ce principe qui donne son intensité au pointillisme.

Ainsi, contrairement aux visions utilitaristes de l’être humain, nous ne sommes pas uniquement doués d’intelligence (tête ou esprit), nous avons aussi une sensibilité créatrice (coeur ou âme) et un corps matériel relié à l’instinct (ventre). Si l’une de ces parties n’est pas respectée, les autres en souffrent aussi.

Nous sommes nous-mêmes parties d’un tout imbriqué dans un plus grand tout (famille, société, nation, planète, univers), qui nous influence et que nous influençons. Le même principe d’équilibre s’applique en théorie aussi ici.

Oui oui, c’est ici que le battement d’aile du papillon intervient, ce qui en sanskrit se dirait « karma« , ou loi de cause à effet – rien de plus. ;-)

Théorisé par écrit vers le IIe millénaire avant J.-C., le yoga comme système philosophique est fondé sur cette notion de microcosme – que l’on ne retrouve d’ailleurs pas qu’en Inde à l’époque, mais aussi, plus près de notre culture, en Grèce et en Egypte. L’être humain y est considéré tel un univers, emboîté dans un univers plus grand, une mise en abîme sans fin aussi bien vers le haut que vers le bas.

Là où ça devient intéressant, c’est que ce postulat des sagesses antiques, les grandes avancées scientifiques le prouvent aujourd’hui en plongeant dans l’infiniment petit et l’infiniment grand.