Nettoyer ce qui pèse dans notre coeur par une visualisation de lumière, puis ressentir cette lumière, légère, simple, sacrée : une pratique de Raja Yoga issue de la lignée d’un de mes maîtres de méditation, à la croisée du soufisme et du yoga.
Trois « Om » partagés avec les élèves de la session enregistrée.
Et une méditation inspirée du bouddhisme zen : le témoin intérieur, qui observe sans juger, sans raconter d’histoires, sans rien faire d’autre qu’être. La vacuité comme ouverture à l’expérience du présent.
La Radio Intérieure propose, via la distribution d’enregistrements sur Soundcloud, de diffuser les différents exercices de respiration et de méditation pratiqués pendant les sessions mensuelles à Paris Yoga Shala. Si ces enregistrements vous accompagnent sur le chemin, je vous invite à participer aux efforts de la mise à disposition par une donation, du montant de votre choix et possibilités, avec mon adresse email via Paypal. Pour voir tous les enregistrements disponibles, cliquez ici.
x’om,
Debo
Cher Yoga, Tout le monde me vante les mérites de la méditation. Mais moi, quand j’essaie de méditer, je m’endors… Anne, Toulouse
Chère Anne,
Il paraît qu’une sieste de 20 minutes à 14h offre tant de bienfaits pour la santé physique et mentale qu’elle change une vie. Il paraît aussi que l’éternité est dans l’instant présent, et qu’un seul instant suffit à atteindre l’éveil.
Les yogis – de tous bords – se sont intéressés à la conscience. Ils ont conclu qu’elle se décline en 4 états : la veille (Jagrata), le rêve (Svapna), le sommeil profond (Shushupti), et le mystérieux quatrième état (Turiya).
Que cherches-tu en méditant ?
De quoi as-tu peur en méditant ?
Prends une feuille de papier, et remue tes méninges. Note en vrac tous les mots-clés que t’évoque la méditation. Tu y trouveras ta réponse.
Et la prochaine fois que tu t’assieds dans le but de méditer, n’essaie pas.
x’om,
Débo
Cher Yoga ouvre le courrier des yogis francophones : débutant.e.s, confirmé.e.s, curieu.ses.x ou réfractaires, envoyez vos questions ! Qu’elles portent sur la pratique de près ou de loin, qu’elles soient terre-à-terre ou mystiques, Débo (qui s’est mise à parler d’elle-même à la troisième personne) tentera d’y répondre, sans recette miracle, avec humilité, et des pincettes un peu décalées. L’espace des commentaires sous chaque Q&R, l’email, Facebook : la fin justifie les moyens.
« Le succès, c’est 99% de travail et 1% de talent », paraît-il.
Ou encore : « Practice, and all is coming », selon feu le grand yogi Pattabhi Jois.
Pourtant : quel est le sens d’une pratique orpheline de théorie ? Pourquoi faisons-nous ce que nous faisons ? Que cherchons-nous ? Que trouvons-nous ? A quoi ça sert ? Que pouvons-nous faire de plus, de mieux, d’autre ?
(Et si j’y ajoutais toutes les grandes questions existentielles depuis l’origine de la pensée humaine : D’où viens-je ? Où vais-je ? Qui suis-je ? Pourquoi ? Pourquoi ?)
Cet article signe l’inauguration d’une nouvelle section du blog. Qui répond à toutes vos questions. Oui, toutes. Des plus terre-à-terre aux plus mystiques ! Je tenterai de mettre en lumière les réponses multiples et variées que le yoga, et les nombreux chercheurs spirituels qui nous ont précédés, peuvent proposer. Avec humilité, et des pincettes un peu décalées. Et surtout, sans recette miracle. Parce que le seul miracle, franchement, c’est que nous soyons encore ici aujourd’hui avec la possibilité de trouver toujours un peu de place dans notre coeur.
Alors allez-y, ne soyez pas timide, envoyez-moi vos questions. Via les commentaires ci-dessous. Ou par email. Ou par hibou. Toutes, oui oui, toutes. Quelles qu’elles soient, qu’elles aient un lien direct avec des pans de la pratique, posturale, intérieure, ou qu’elle porte sur son application (même éloignée) au quotidien.
J’attends de vous lire !
La science explique avec brillance le comment. Néanmoins, seule l’expérience spirituelle propose une réponse au pourquoi. Réponse d’ailleurs souvent silencieuse : il n’y a que le silence pour embrasser le Mystère.
C’est même dans le Métro parisien !
Voyager dans l’infiniment grand et l’infiniment petit, expérimenter la totalité de la conscience jusqu’à la minérale voire l’élémentaire, se dilater en poussière d’étoile dans le cosmos, devenir une goutte d’eau dans l’océan, être un vase vide dans le Vide… Une question me taraude, encore et encore : à quoi ça sert ?
Méditer, c’est bien joli, c’est bien gentil, on fait des expériences incroyables, c’est super, on dépasse les schèmes ordinaires de la vie quotidienne, on brise la coquille de l’ego. Génial. Je crois que ça fait de moi une personne meilleure, plus tolérante, plus souple, plus profondément joyeuse.
Jusqu’à la question du pourquoi du pourquoi … J’ai beaucoup de chance, j’ai un toit sur ma tête, je suis entourée de gens aimants, mon garde-manger est plein. Que répondre à quelqu’un qui a faim, qui a soif, qui a froid, qui a peur ? Ton corps est impermanent ? Ta souffrance est une illusion ? Ou : tu récoltes ce que tu as semé ? Ou encore : d’autres ont souffert avant toi et par amour ? Voire : ta souffrance fait partie du plan divin ? Alors vas-y mets-toi à l’aise, ferme les yeux et médite ?
Dans mon fil d’actualités Facebook il y a quelques jours, cette phrase du Dalaï Lama : “Le changement dans le monde vient des individus, de la paix intérieure dans les coeurs individuels. Comme les ondes se déploient lorsqu’un seul galet est lâché dans l’eau, les actions des individus peuvent avoir des effets d’une grande portée.” Si c’est le Dalaï Lama qui le dit…
A la surface de ma mémoire, remonte un message vu à Londres en 2003, brandi par des manifestants contre l’intervention militaire en Irak, un écho des hippies face au Vietnam : “Faire la guerre pour avoir la paix, c’est comme baiser pour rester vierge”.
Soit.
Donc pour le moment je mise sur l’effet papillon. Je retourne méditer.
Florence Servan-Schreiber parle de l’importance d’avoir au moins trois kifs par jour pour être heureux. Mais qu’est-ce que le bonheur ? Une action gratifiante ? Un simple sentiment de satisfaction ?
Je crois que le bonheur est bien plus profond et bien moins tributaire des conditions du quotidien. Etty Hillesum a montré qu’il était possible d’être heureux dans la pire situation. Le bonheur, le vrai de vrai, est un pan de gratitude. C’est la reconnaissance de ce cadeau formidable qu’est la vie. Ceux qui ont traversé une retraite Vipassana s’en souviendront peut-être aussi : j’ai encore aujourd’hui en tête la voix de Goenka-ji répétant « stay very alert, very attentive, very attentive ». L’attention, la vigilance, permettent de goûter totalement ce cadeau, chaque jour. De trouver chaque jour une raison de sortir du lit, d’aller à la rencontre du monde extérieur.
Alors chaque jour, ce n’est pas au « kif », mais au Moment Collector que je donne de l’importance.
Parce qu’avec vigilance, avec attention, même dans les périodes difficiles, même dans la routine la moins enthousiasmante, il y a chaque jour au moins un moment spécial. Un moment qui sort du lot. La différence majeure : le kif est actif, voulu, calculé, quelque chose à faire ; le moment collector est spontané, il est cadeau.
Qu’il soit « positif » ou « négatif », ce moment quotidien mérite d’être consigné pour la postérité. Parce qu’il nous a offert un présent, sans décalage, sans jugement, dans une spontanéité totale. Un moment d’émerveillement soudain, inattendu ; une émotion plus forte ; une couleur plus vive. Un moment de vie. D’ailleurs, souvent, le moment devient collector a posteriori – sur le moment, on ne s’est pas rendu compte… Il émerge quand on prend cinq minutes avant de s’endormir, pour tirer le bilan de la journée.
Dans le genre de ça :
Dans le chemin spirituel de mon Maître, il nous est recommandé de tenir un journal. Ce n’est pas un journal intime au format adolescent, genre dialogue avec mon nombril. C’est plutôt une sorte d’enregistrement. Et quelques temps plus tard, on se retourne sur la distance parcourue, comme on ressort un album photo. Il permet, avec le temps, de voir les schémas, les habitudes, de prendre conscience de ce qui a changé, ou de ce qui doit encore changer. Et il permet aussi de ne pas continuer à machouiller ces moments, dix minutes, deux heures, trois mois, dix ans. Puisqu’on sait qu’au besoin, ils sont notés. Ca libère de la place dans la mémoire vive.
Parce que c’est toujours génial de relire ses vieux « carnets de voyage », c’est mon support de choix. Mais ce n’est évidemment pas obligatoire : pourquoi pas noter sur un post-it, ou dans son téléphone, ou si on aime partager, sur Facebook. Et pourquoi pas, ensuite, faire le best-off, avec le moment collector de la semaine, du mois, du trimestre, de l’année…