ACTU : 2016 Suite de Voeux

L’année dernière, je nous souhaitais un monde comme celui-ci.
Il y a deux ans, j’étais .

Cette année, je me prépare à 80 jours non planifiés, entre le Sri Lanka, le Bangladesh et l’Inde. 30 litres de sac à dos, 4 kurtas, 3 pantalons, 7 culottes, 7 paires de chaussettes, 10 livrets de feuilles de savon, du samahan, du javadhu, du shikkakai, des carnets et des crayons.
Et l’essentiel qui, comme toujours, reste invisible.

Parmi mes nombreuses prières-mots, ma préférée, encore et toujours : je nous souhaite le courage de changer ce qui peut l’être, la patience de supporter ce qui ne peut pas, et la sagesse du discernement. Tapah, Svadhyaya, Ishvarapranidhana.

Je nous souhaite une nouvelle année de découvertes, de surprises, d’apprentissage. De liens plus forts avec ce que nous sommes profondément – ni corps, ni esprit, ni pensée, ni sensation, mais bien plus, et si peu en même temps. De lien plus fort avec notre capacité d’amour, et son potentiel d’action : aimer.

« Le bonheur a été conçu avec la vie. La vie est le chemin que le bonheur emprunte pour se réaliser. La sensation de bonheur et le bonheur lui-même ne font qu’un. Il n’y a pas d’autre absolu. L’homme qui se sent heureux n’a rien ajouté à sa vie : il en a ôté des soucis, il a éliminé des contradictions, il a amené sa propre vie à se manifester sous son espèce la plus pure. »
– Joë Bousquet, Traduit du Silence

Je nous souhaite le bonheur.

x’om,
Débo

PS : le blog continue du service pendant mes aventures, questions pour CHER YOGA toujours bienvenues. Atelier de Poorna Yoga daté au premier week-end d’avril.

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CHER YOGA : 13 novembre et le Yoga

Cher Yoga,
Depuis vendredi 13 novembre, je suis invitée à divers rassemblements yoguiques pour méditer, pratiquer ensemble, parce que “Om Shanti”, ou que “la vie continue”. Je comprends et je trouve même ça génial, il est temps de se retrouver. Mais je n’en ai pas du tout envie. Je n’ai pas envie de me remettre sur mon tapis, ni même de méditer… Pourtant, la logique voudrait que je pratique beaucoup, vu que c’est le moment où j’en ai le plus besoin… Je tiens à préciser que j’ai perdu un de mes amis au Bataclan. J’avoue que je suis bien paumée. Quoi faire ?
Alexia, Paris

Chère Alexia,

Dans ce type de situation, il n’y a aucun “je devrais” ou “il faudrait”. Il y a les activités que tu fais pour ne pas laisser la destruction t’emporter (gestes du quotidien, manger, se laver, et ce qui structure au minimum syndical ta vie professionnelle). Ces activités, tu te dois de les continuer, même par devoir, même sans amour ou sans entrain particulier.

Pour le reste, c’est toi qui vois ! La pratique des postures, des respirations, des méditations, ne sont que des exercices ! Ils nous apprenent à nous ancrer au présent, pour, ultimement, réaliser notre identité profonde – qui n’est pas notre corps biographique.

Tu as toujours deux choix face au présent, surtout lorsqu’il est douloureux : la fuite ou la confrontation. L’un n’est pas meilleur que l’autre. Seulement, garde en tête que ce qui n’a pas été regardé en face et vécu réellement réapparaîtra un peu plus tard, peut-être sous une autre forme. Il n’est pas possible de laisser la proverbiale poussière sous le tapis. Mais cette acceptation peut avoir lieu quand tu es prête ; surtout pas quand tu te juges et te compares à une supposée norme.

Pour beaucoup d’entre nous, il est rassurant de se retrouver, de “communier”, pour ne pas se confronter à la solitude, profonde, existentielle, qui fait que personne d’autre que toi à un moment précis ne ressentira jamais ce que tu ressens. C’est aussi une illusion, une manière de fuir l’intériorité, de fuir la peur la plus profonde qui soit pour nous humains, puisqu’elle représente l’ultime absence de contrôle : celle de la mort.

Ce qui s’est passé à Paris vendredi 13 novembre nous met face à cette peur, et à ses ramifications (peur du silence, de la solitude, du manque, de l’autre, etc). La plupart d’entre nous ne sommes pas armés pour l’accueillir. Ceux qui n’ont pas de lien direct à l’évènement se projettent, s’imaginent, dans cet instant de destruction, ‘à la place de’, ou avec des ‘si’… Dès 3 ans, les enfants aiment jouer à se faire peur en se racontant des histoires. Parfois, ils continuent en grandissant.

13 novembre paris
Alors fais ce dont tu as besoin, envie, ce qui te semble juste pour toi – dans la mesure où tu ne te laisses pas entraîner extérieurement par la destruction. Des trois énergies (Trimurti), création (Brahma), préservation (Vishnu) et destruction (Shiva), force-toi à rester, même superficiellement, même matériellement, dans celle du milieu. C’est la seule injonction.

Et souviens-toi : tout passe. Anitya.

x’om,
Débo


Cher Yoga ouvre le courrier des yogis francophones : débutant.e.s, confirmé.e.s, curieu.ses.x ou réfractaires, envoyez vos questions ! Qu’elles portent sur la pratique de près ou de loin, qu’elles soient terre-à-terre ou mystiques, Débo tentera d’y répondre. La règle du jeu : sans recette miracle, avec humilité, et des pincettes un peu décalées, ses réponses pousse la réflexion à d’autres questions. Utilisez l’espace des commentaires sous chaque Q&R, l’email, ou Facebook, pour envoyer vos questions.

CHER YOGA : Mantra ou Mantra pas

Cher Yoga,
Les chants pendant les cours me mettent mal à l’aise… A quoi servent-ils ? Pourquoi chanter dans une langue qui n’est pas la nôtre et que nous ne comprenons pas ? Ca me donne l’impression d’être dans une secte. Je ne viens pas sur mon tapis de yoga pour me convertir à l’hindouisme ou au bouddhisme…
Isabelle, Saint-Ouen

Chère Isabelle,

Il y a beaucoup de gros mots, de grands mots, dans ta question : langue, secte, conversion, religion…

Si je comprends bien, ce genre d’activité te fait grincer des dents :

Permets-moi de rajouter quelques autres grosses bouchées à ce lot : spiritualité, vibration, mystère, sincérité.

Selon Patanjali, satya se situe juste après ahimsa dans la série des injonctions morales. Ahimsa : la non-violence. Ne pas (se) faire mal. Satya : la vérité. Penser ce que l’on dit ; dire ce que l’on pense. Ce duo gagnant nous encourage à aligner les pensées à la parole et à l’action. On retrouve les mêmes principes dans le décalogue. C’est la base du contrat social. La conversion à une culture lointaine est donc inutile. Mais l’exotisme nous ouvre souvent mieux les yeux que le connu.

Si joindre la vibration de ta voix à celle d’un groupe crée une forte dissonance intérieure, et te met dans l’inconfortable situation où tu manques de respect à ces deux principes fondamentaux – pourquoi te forces-tu ? Les respectes-tu par ailleurs ?

Voici pour toi une pratique plus intéressante que de murmurer à contre-coeur pendant ton cours de yoga hebdomadaire : résister à l’influence de l’idéologie du groupe et de la personne qui détient (ou semble détenir) l’autorité, pour faire voeu, donc oeuvre, de non-violence envers toi-même et de sincérité avec toi-même. Pendant la durée de ton choix, ne fais, ne dis, ne pense, que ce qui est juste.

Mantra signifie « modeler la pensée par un acte conscient et volontaire ». Il y a un dicton français qui me plaît beaucoup : « A mauvais ouvrier, point de bon outil ». Dans un cours de yoga, chaque instant a du sens : tout y est révélateur.

x’om,
Débo


Cher Yoga ouvre le courrier des yogis francophones : débutant.e.s, confirmé.e.s, curieu.ses.x ou réfractaires, envoyez vos questions ! Qu’elles portent sur la pratique de près ou de loin, qu’elles soient terre-à-terre ou mystiques, Débo tentera d’y répondre. La règle du jeu : sans recette miracle, avec humilité, et des pincettes un peu décalées, ses réponses pousse la réflexion à d’autres questions. Utilisez l’espace des commentaires sous chaque Q&R, l’email, Facebook pour envoyer vos questions.

CHER YOGA : Je médite, je m’endors

Bouddha qui Dort

Cher Yoga,
Tout le monde me vante les mérites de la méditation. Mais moi, quand j’essaie de méditer, je m’endors…
Anne, Toulouse

Chère Anne,

Il paraît qu’une sieste de 20 minutes à 14h offre tant de bienfaits pour la santé physique et mentale qu’elle change une vie. Il paraît aussi que l’éternité est dans l’instant présent, et qu’un seul instant suffit à atteindre l’éveil.

Les yogis – de tous bords – se sont intéressés à la conscience. Ils ont conclu qu’elle se décline en 4 états : la veille (Jagrata), le rêve (Svapna), le sommeil profond (Shushupti), et le mystérieux quatrième état (Turiya).

Que cherches-tu en méditant ?
De quoi as-tu peur en méditant ?
Prends une feuille de papier, et remue tes méninges. Note en vrac tous les mots-clés que t’évoque la méditation. Tu y trouveras ta réponse.
Et la prochaine fois que tu t’assieds dans le but de méditer, n’essaie pas.

x’om,
Débo


Cher Yoga ouvre le courrier des yogis francophones : débutant.e.s, confirmé.e.s, curieu.ses.x ou réfractaires, envoyez vos questions ! Qu’elles portent sur la pratique de près ou de loin, qu’elles soient terre-à-terre ou mystiques, Débo (qui s’est mise à parler d’elle-même à la troisième personne) tentera d’y répondre, sans recette miracle, avec humilité, et des pincettes un peu décalées. L’espace des commentaires sous chaque Q&R, l’email, Facebook : la fin justifie les moyens.

CHER YOGA : Le Lancement

Longue vie aux formules gagnantes.
« Le succès, c’est 99% de travail et 1% de talent », paraît-il.
Ou encore : « Practice, and all is coming », selon feu le grand yogi Pattabhi Jois.

Pourtant : quel est le sens d’une pratique orpheline de théorie ? Pourquoi faisons-nous ce que nous faisons ? Que cherchons-nous ? Que trouvons-nous ? A quoi ça sert ? Que pouvons-nous faire de plus, de mieux, d’autre ?
(Et si j’y ajoutais toutes les grandes questions existentielles depuis l’origine de la pensée humaine : D’où viens-je ? Où vais-je ? Qui suis-je ? Pourquoi ? Pourquoi ?)

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Cet article signe l’inauguration d’une nouvelle section du blog. Qui répond à toutes vos questions. Oui, toutes. Des plus terre-à-terre aux plus mystiques ! Je tenterai de mettre en lumière les réponses multiples et variées que le yoga, et les nombreux chercheurs spirituels qui nous ont précédés, peuvent proposer. Avec humilité, et des pincettes un peu décalées. Et surtout, sans recette miracle. Parce que le seul miracle, franchement, c’est que nous soyons encore ici  aujourd’hui avec la possibilité de trouver toujours un peu de place dans notre coeur.

Alors allez-y, ne soyez pas timide, envoyez-moi vos questions. Via les commentaires ci-dessous. Ou par email.  Ou par hibou. Toutes, oui oui, toutes. Quelles qu’elles soient, qu’elles aient un lien direct avec des pans de la pratique, posturale, intérieure, ou qu’elle porte sur son application (même éloignée) au quotidien.

J’attends de vous lire !