5 MINUTES A SOI : Le Moment Collector

Florence Servan-Schreiber parle de l’importance d’avoir au moins trois kifs par jour pour être heureux. Mais qu’est-ce que le bonheur ? Une action gratifiante ? Un simple sentiment de satisfaction ?

Je crois que le bonheur est bien plus profond et bien moins tributaire des conditions du quotidien. Etty Hillesum a montré qu’il était possible d’être heureux dans la pire situation. Le bonheur, le vrai de vrai, est un pan de gratitude. C’est la reconnaissance de ce cadeau formidable qu’est la vie. Ceux qui ont traversé une retraite Vipassana s’en souviendront peut-être aussi : j’ai encore aujourd’hui en tête la voix de Goenka-ji répétant « stay very alert, very attentive, very attentive ». L’attention, la vigilance, permettent de goûter totalement ce cadeau, chaque jour. De trouver chaque jour une raison de sortir du lit, d’aller à la rencontre du monde extérieur.

Alors chaque jour, ce n’est pas au « kif », mais au Moment Collector que je donne de l’importance.

Parce qu’avec vigilance, avec attention, même dans les périodes difficiles, même dans la routine la moins enthousiasmante, il y a chaque jour au moins un moment spécial. Un moment qui sort du lot. La différence majeure : le kif est actif, voulu, calculé, quelque chose à faire ; le moment collector est spontané, il est cadeau.

Qu’il soit « positif » ou « négatif », ce moment quotidien mérite d’être consigné pour la postérité. Parce qu’il nous a offert un présent, sans décalage, sans jugement, dans une spontanéité totale. Un moment d’émerveillement soudain, inattendu ; une émotion plus forte ; une couleur plus vive. Un moment de vie. D’ailleurs, souvent, le moment devient collector a posteriori – sur le moment, on ne s’est pas rendu compte… Il émerge quand on prend cinq minutes avant de s’endormir, pour tirer le bilan de la journée.

Dans le genre de ça :

Dans le chemin spirituel de mon Maître, il nous est recommandé de tenir un journal. Ce n’est pas un journal intime au format adolescent, genre dialogue avec mon nombril. C’est plutôt une sorte d’enregistrement. Et quelques temps plus tard, on se retourne sur la distance parcourue, comme on ressort un album photo. Il permet, avec le temps, de voir les schémas, les habitudes, de prendre conscience de ce qui a changé, ou de ce qui doit encore changer. Et il permet aussi de ne pas continuer à machouiller ces moments, dix minutes, deux heures, trois mois, dix ans. Puisqu’on sait qu’au besoin, ils sont notés. Ca libère de la place dans la mémoire vive.

Parce que c’est toujours génial de relire ses vieux « carnets de voyage », c’est mon support de choix. Mais ce n’est évidemment pas obligatoire : pourquoi pas noter sur un post-it, ou dans son téléphone, ou si on aime partager, sur Facebook. Et pourquoi pas, ensuite, faire le best-off, avec le moment collector de la semaine, du mois, du trimestre, de l’année…

5 MINUTES A SOI : Méditation Prénatale en Couple

La pile de livres que j’aimerais lire, aujourd’hui, demain, un jour, diminue parfois, pour mieux grandir aussitôt…

Dans cette pile, j’ai récemment tiré « Les Neuf Marches » de Daniel Meurois et Anne Givaudan. Ce récit a mis en mots plusieurs éléments que je pressentais sur l’arrivée d’un être au monde, et m’a ainsi proposé une belle lumière sur l’accompagnement que je propose.

Inspiré de cette lecture, cet exercice très simple applique la règle du petit pas : rien ne sert de courir, il faut partir à point. Un petit pas tous les jours nous emmène plus loin qu’une grosse course de temps en temps. Avec l’avantage d’éviter de s’essouffler.

Futurs parents, vous pouvez le pratiquer dès que vous savez que vous êtes « enceints ». Il s’agit de se réserver, une fois par jour et, dans la mesure du possible, tous les jours à la même heure, un moment – cinq minutes, dix minutes, peut-être un quart d’heure – pour être ensemble, dans l’accueil, en silence. Je le recommande en couple car, si la vie le permet, un enfant se porte mieux à deux.

Future maman, vous pourrez vous asseoir contre votre compagnon, confortablement, chacun ayant par exemple une main sur le ventre (nombril) l’autre sur la région du coeur (sternum/clavicules). Ou vous pourrez rester assis à côté ou en face l’un de l’autre.

Autorisez vos corps à se détendre. Vos oreilles entendent, n’écoutent plus. Vos yeux, s’ils sont ouverts, voient, ne regardent plus. Votre peau ne touche plus, elle sent. Laissez votre corps inspirer et expirer, en douceur, sans aucun effort. Et accueillez ce qui vient. Ce peut être rien, ou des sensations, ou des images, peut-être même des mots, des idées. Accueillez, tout simplement.

Au fil du temps, lorsque ce rendez-vous sera bien installé dans votre rythme, au même titre que se laver les dents, vous pourrez le prendre sans avoir besoin d’être ensemble physiquement. Et vous serez également en mesure de communiquer de manière plus libre avec votre enfant.

Certes, la mise en place de ce moment privilégié demande un peu de courage. On se sent parfois idiot : dans notre société, le silence peut être vécu comme gênant, bruyant. Mais la grossesse est une période privilégiée pour accepter que le monde n’est pas fait que d’objets mesurables et quantifiables. Qu’il existe des liens au-delà de la parole, au-delà des cinq sens.

Aussi : félicitations !

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