5 MINUTES A SOI : Mantra & Sankalpa

On peut pudiquement nommer cette activité par l’exotisme : mantra, sankalpa … Il s’agit tout simplement d’un recueillement, d’un recentrage, exprimé en mots. Autrement dit, de la prière.

Je partage ici mes préférées. Je les pratique en silence extérieur, par la pensée – et il m’arrive parfois (souvent) de faire autre chose simultanément.

A chacun d’en investir le sens, intuitivement, et d’en trouver la pratique juste.

drapeau priere

•  Intellectuelle (psychologique) :
« Je fais du mieux que je peux avec ce que j’ai. »

Un bon exemple d’une résolution effective.
En période de mou, ou en période d’auto-critique paralysante, se déculpabiliser pour retrouver la stabilité.

•  Emotionnelle :
Puissé-je trouver en moi / Que me soient donnés *
La sérénité d’accepter ce qui ne peut être changé,
Le courage de changer ce qui le peut,
Et la sagesse d’en discerner la différence.

Nous avons tous en nous ces qualités. Plutôt que se crisper face à ce qui nous est présenté, apprendre le contentement actif. C’est un des piliers du yoga.

* La première phrase est à moduler selon le système de croyance individuel : transcendance, immanence, ou une variation entre les deux selon le ressenti du moment.

•  Relationnelle :
Je salue en toi cet espace où l’univers entier réside.
C’est un lieu d’amour, de lumière, de présence.
Quand tu es dans cet espace en toi,
Quand je suis dans cet espace en moi,
Nous sommes Un.

Le tout dans les parties, les parties dans le tout (cliquez ici).
Il s’agit d’un développement autour du mot sanskrit « namasté », étymologiquement « je te nomme » – « par cette nomination je reconnais ton existence ».

aum banner

•  Spirituelle :
« Aum ». Tout simplement.

« Entre dans le son et, lorsqu’il s’éteint, glisse dans la liberté d’être. »
Tantra Yoga (traduction du Vijnânabhaïrava par Daniel Odier – sadhana 39)

A répéter (mentalement), en lien avec la respiration. En voici deux possibilités :
– d’un trait à l’inspiration, comme une graine qui germe (« a »), pousse (« o ») et éclôt en fleur (« m »), pour profiter en silence de l’expiration ( » « ).
– en quatre temps : inspiration « a », pause « o », expiration « m », pause  »   « .

Dans ce blog, quelques articles sur le son ‘aum’ : ici ou ici.

5 MINUTES A SOI : une Vraie Bonne Résolution, Mode d’Emploi

C’est bientôt la fin de l’année, moment propice aux bonnes résolutions – qu’on a un peu de mal à tenir après l’engouement des premiers temps, n’est-ce pas ?

La manière dont Swami Satyananda définit le sankalpa dans le Yoga Nidra (1) peut nous éviter de perdre du temps à lister tout plein de bonnes résolutions qu’on ne mettra jamais en place. Cela nous aide, au contraire, à clarifier notre désir, à concentrer notre élan, vers une direction personnelle constructive, ce qui s’appelle « sankalpa ».

chemin sable

La première étape est d’autoriser ce « sankalpa » à émerger à un moment propice au dialogue avec nous-même (au réveil, par exemple, ou après une séance de yoga) sous la forme d’une petite affirmation courte, simple.

Trois points sont importants pour définir cette phrase :

1. Il vaut mieux, évidemment, que cette résolution soit réalisable et sous votre responsabilité. « J’instaure la paix dans le monde » aura un impact moindre que « Je participe au mieux de mes possibilités à diffuser la paix autour de moi ». Selon le même principe, « Mon bébé fait ses nuits » ne fonctionnera pas aussi bien que « J’instaure un rythme optimal pour mon bébé », qui sera lui-même moins efficace que « Mon sommeil est restoratif quelque soit sa durée ».

2. Votre « sankalpa » doit exprimer un état présent en actualisation, et non un processus. C’est-à-dire que le point de vue à partir duquel vous exprimez votre résolution est le résultat en potentiel, et non le départ. Pour clarifier, « Je me réconcilie avec ma famille » est un processus. « Je suis réconcilié avec ma famille » est au passé. « Je suis en paix avec ma famille » est plus efficace, c’est un état au présent affirmatif, avec le potentiel d’être mis en place au fil du temps, quelques soient les variations que la vie apporte.

3. Il est également nécessaire que ce but soit positif, sans négation : plutôt que « Je ne fume plus », « Je suis libre de toute dépendance » laisse la place à l’exploration, d’une manière plus ouverte.

Au fil du temps, vous pourrez observer si votre « direction » s’affine, à l’écoute de votre boussole intérieure, vers quelque chose de plus long terme : à partir d’un initial « Je maintiens mon poids idéal », on arrive peut-être à « Je m’aime et m’apprécie inconditionnellement ». :-)

Et si vous avez envie d’échanger et de partager vos témoignages ou besoin de poser des questions pour vous aider à clarifier, envoyez-moi un email en cliquant ici !

(1) Le Yoga Nidra est une technique de relaxation et de visualisation guidée, apparentée au Training Autogène de Schulz, proche de la Sophrologie ou de l’Hypnose Ericksonienne, développée par un yogi indien, Swami Satyananda, dans les années 1940-50. Lors des protocoles, on profite de l’état de détente complète et de la connexion accrue à notre inconscient pour planter et cultiver le « sankalpa ».

YOGIC PHILO : Qu’est-ce que le Stress ?

Publiée dans le Sciences et Avenir #787 de septembre 2012 (p65), cette définition du stress explique son fonctionnement :

« Décrit pour la première fois dans les années 40, [le stress] est une réponse de l’organisme à une situation nouvelle qui se manifeste par la sécrétion, dans les glandes surrénales, d’hormones (adrénaline et noradrénaline) qui mettent le corps en alerte. Il se décompose en trois temps. D’abord une phase d’alerte (de quelques minutes à une heure) : les hormones libérées dans le sang augmentent la quantité d’oxygène et de glucose et facilitent ainsi l’irrigation des organes. Au-delà d’une heure, survient la phase de résistance, qui peut durer plusieurs jours et durant laquelle la pression artérielle augmente. Puis vient la phase d’épuisement, caractérisée par des pathologies cardio-vasculaires liées à une surstimulation de l’organisme. »

Que vient faire le yoga ici ?

Les exercices posturaux et de respiration stimulent le système nerveux parasympathique, qui fonctionne (plus ou moins) à l’opposé du système orthosympathique responsable des mécanismes liés à l’action : défense, réflexe de fuite ou de lutte. Les exercices de yoga permettent ainsi, dans un premier temps, de contrer les effets du stress, en rééquilibrant la réponse de l’organisme. Puis, avec la pratique, on évite que ce mécanisme ne n’installe au-delà de la première phase, qui reste tout de même nécessaire. La peur n’est jamais mauvaise en soi, elle est reliée à notre instinct de survie.

meditation hall de garePar contre notre manière d’accueillir la peur, comme d’autres émotions que, pour une raison ou une autre, nous jugeons « négatives », peut provoquer des blocages métaboliques dangeureux pour notre santé, physique comme mentale. Apprendre à reconnaître les variations émotionnelles ou psychologiques, pour les apprivoiser, est une des étapes les plus importantes vers cet état d’esprit spacieux et intégré qui se nomme yoga : « yoga chitta vritti nirodha » (Patanjali : Sutra 1.2)

« Observer la danse du souffle,
moment après moment,
pour accueillir ce qui est
dans l’ici et maintenant. »

YOGIC PHILO : Question d’Optique

C’est un cadeau qui m’a offert la perle de sagesse aujourd’hui : on peut considérer le rosier comme une masse d’épines surmontée de fleurs, ou comme des fleurs précieuses protégées par des épines. Pas que l’une observation soit plus ou moins juste que l’autre, simplement plus adaptée selon les cas. N’est-ce pas ? ;-)

Quand une situation (ou une posture) se refuse à la maîtrise, on a toujours le choix.
Celui de se bloquer, de forcer, de foncer, de se frustrer, peut-être au risque de blesser notre corps, sans avoir pour autant rassasié notre esprit (notre ego, diraient certains).
Ou celui de prendre plaisir à chaque millimètre conquis, à son rythme intérieur, sur le chemin de la découverte, en appréciant peut-être la leçon que cette situation essaie de nous donner.

Et lorsqu’on y repense, un peu plus tard, en jetant un oeil en arrière, sur le chemin qu’on a parcouru, on peut choisir de s’émerveiller, tout simplement, qu’il y ait eu des fleurs.

Tout est donc question de point de vue. N’est-ce pas ?

5 MINUTES A SOI : Paresse Créative du Matin

C’est officiel. Il est productif de paresser le matin. C’est ce que constate une étude d’une jeune chercheuse en psychologie, Ruby Nadler, dont les résultats sont publiés dans la revue « Psychological Science » et repris dans « Clés » d’avril-mai 2012.

Sa conclusion : juste après le réveil, nous bénéficions d’un pic de créativité. Celui-ci n’est pas censuré, nos filtres se mettant en place un peu plus tard.

Cette semaine, profitons de la belle lumière de printemps pour appliquer ce principe : pourquoi ne pas prendre quelques minutes au réveil, peut-être en observant le passage de la respiration ? Qui sait quelles belles idées auront alors l’espace de se présenter. :-)